Pourquoi devrait-on se méfier du gluten?

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On le retrouve partout, dans le pain, les pâtes, les brioches, etc. Nous en mangeons tous les jours des quantités astronomiques sans en évaluer la potentielle nocivité. Bien évidemment, nos choix sont en partie conditionnés par l’industrie agroalimentaire et les recommandations du Plan National Nutrition Santé (PNNS) qui nous recommande d’en consommer à chaque repas. Or, ces allégations ne reposent sur aucune base scientifique. Nombre d’études démontrent que réduire sa consommation de céréales et en particulier de gluten s’avère bénéfique pour la santé.

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Julien Venesson, expert indépendant a écrit un livre très intéressant sur le sujet : « Gluten : comment le blé moderne nous intoxique » aux éditions Thierry Souccar.

 

Une protéine mal digérée !

Le gluten est une fraction de protéine que l’on retrouve majoritairement dans le blé, le kamut, l’avoine, l’orge, le seigle et l’épeautre. Il a le pouvoir de faire gonfler la pâte et de la rendre compacte. Au niveau organique, en se collant aux parois de l’estomac, le gluten favorise le dérèglement de la flore intestinale par un phénomène de putréfaction. Saviez-vous que le gluten n’est pas complètement digéré, même chez les individus sains ?

 

Un organisme génétiquement modifié

Le blé que nous consommons aujourd’hui n’a rien de similaire avec celui que consommaient nos ancêtres. Notre blé est génétiquement modifié, c’est bel et bien un OGM. Il est difficile de connaître l’étendue exacte des risques liés aux OGM sur notre santé. Malgré tout, ce blé « moderne » semble poser un grand nombre de problèmes de santé chez un nombre croissant d’individus, en fonction des sensibilités.

Il y a 10.000 ans, le blé comportait 14 chromosomes alors qu’aujourd’hui il est composé de 44 chromosomes ! Le blé est le seul aliment ayant subi une aussi forte modification génétique en si peu de temps. Revenons un temps en arrière. En 1950, un agronome spécialisé en génétique, Norman Ernest Borlaug est contacté par le gouvernement mexicain et la fondation Rockefeller pour faire face à la famine qui menace des millions de personnes en Inde, au Pakistan ainsi qu’au Mexique. Son objectif est d’enrayer la pénurie de nourriture par l’introduction d’une variété de blé beaucoup plus productive : le « frankenblé ». Il crée ainsi une variété de blé plus résistante aux maladies et capable de soutenir une forte croissance dont le rendement est jusqu’à 3 fois supérieur au blé originel. Le blé que nous consommons aujourd’hui comporte plus de 90.000 gènes (contre seulement 30.000 chez l’homme). À l’heure actuelle, les agronomes réfléchissent à introduire de nouveaux gènes pour augmenter les rendements. Leur objectif étant de produire toujours plus sur une surface de plus en plus réduite afin de limiter la déforestation.

 

Une épidémie sous-estimée

Rappelons que la prévalence de la maladie cœliaque* était très faible jusqu’en 1970, à hauteur de 0,03 %. Des études ont pu démontrer qu’aujourd’hui, la maladie est au minimum 2 à 5 fois plus fréquente. Et même pire ! Une équipe de chercheurs canadiens affirment que la fréquence de la maladie a été multipliée par 11 entre 1998 et 2007…

Selon le Pr Alessio Fasano, spécialiste mondial de l’intolérance au gluten, les symptômes directement reliés à l’intolérance au gluten sont :

 

Les maladies associées à l’intolérance au gluten

 

Le gluten semble être responsable de nombreuses pathologies aux niveaux digestif, psychologique et même neurologique. Il semble qu’il soit aussi responsable d’un ensemble de symptômes (maux de tête, fatigue…) qui peuvent sembler bénins. S’il s’avère difficile de faire le rapprochement entre gluten et maux de tête, il est en revanche démontré qu’une maladie cœliaque non diagnostiquée multiplie par 4 votre risque de décès. Néanmoins, une maladie est souvent plurifactorielle. Certaines maladies ne pourront pas se guérir avec un simple changement de régime alimentaire. Malgré tout, on peut améliorer la qualité de vie des malades par une adaptation de l’alimentation… Ce qui est déjà beaucoup !

Faut-il pour autant ne plus consommer de gluten ?

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Pour les intolérants, la question ne se pose pas !

Par contre, pour la grande majorité de la population, pratiquer un régime sans gluten n’est pas forcément utile. C’est surtout extrêmement difficile à respecter. Limiter sa consommation de produits contenant du gluten devrait suffire à vous apporter les bienfaits attendus.

On commence à trouver aujourd’hui en France de plus en plus de produits sans gluten.

ATTENTION : ces aliments (biscottes, pains, pâtes, gâteaux…) sont parfois de mauvaise qualité, car composés de nombreux additifs, des farines et amidons raffinés. Consommer ces produits élèvera anormalement votre glycémie et vous conduira plus facilement à la prise de poids et même au diabète.

Les médias en profitent alors pour discréditer le régime sans gluten. À tort ! Un régime sans gluten bien mené avec des aliments bruts, non transformés et naturellement sans gluten comme le riz, l’amarante, le sarrasin, le millet, les légumineuses (haricots, pois cassés, petits pois, lentilles…) sera bien meilleur pour votre santé.

Dans un prochain article, nous aborderons la question de la sensibilité au gluten, la partie immergée de l’intolérance !

 

* La maladie cœliaque (parfois appelée cœliaquie ou intolérance au gluten ou sprue nostras, prononcée /seljak/), est une maladie auto-immune, caractérisée par une atrophie villositaire (destruction de la paroi de l’intestin grêle). Cette maladie est une intolérance permanente à différentes fractions protéiques du gluten contenues dans différents types de céréales telles que le blé (froment, épeautre, blé khorasan souvent vendu sous la marque Kamut), l’orge, le seigle et le triticale (hybride du blé et du seigle). Il en résulte une malabsorption de certains nutriments (vitamines, fer, calcium…), donc des carences alimentaires. Les personnes atteintes doivent suivre un régime strict sans gluten à vie. Aujourd’hui, aucun traitement médicamenteux n’existe.

Source Wikipedia