Le gluten provoque une hyperglycémie

Depuis 2,6 millions d’années, les hommes ont pratiquement toujours mangé du gibier et – selon la saison – des herbes, des légumes et des baies.

Or, il s’avère qu’aujourd’hui l’alimentation de nombre de personnes repose principalement sur les céréales et les glucides qui, pour la plupart, contiennent du gluten. Et même si nous mettons de côté les effets délétères du gluten sur le cerveau, il est important de mentionner aussi qu’il est dangereux, dans la mesure où il accroît le taux de glucose dans le sang (glycémie) beaucoup plus fortement que ne le font la viande, le poisson, la volaille et les légumes.

Souvenez-vous qu’une glycémie élevée favorise la sécrétion d’insuline, l’hormone que produit le pancréas afin de faire pénétrer le sucre dans les cellules de l’organisme. Plus la glycémie est forte, plus le pancréas doit sécréter d’insuline. Mais lorsque ce taux augmente, les cellules deviennent de moins en moins sensibles aux signaux qu’elle émet. Autrement dit, elles ne perçoivent plus les messages envoyés par l’insuline. Que fait alors le pancréas ? Eh bien, il fait ce que tout le monde fait en présence d’une personne qui n’entend pas ce qu’on lui dit : il parle plus fort (concrètement, il sécrète de plus en plus d’insuline, ce qui est dangereux). Plus le taux croît, moins les cellules réagissent et, pour faire retomber la glycémie à une valeur acceptable, le pancréas est contraint et forcé de travailler à plein régime. Il sécrète encore plus d’insuline. En définitive, même lorsque le taux de sucre dans le sang est normal, le taux d’insuline ne cesse de grimper. Les cellules n’entendent pas le message et résistent.

C’est pourquoi les chercheurs ont donné à ce dysfonctionnement le nom de « résistance à l’insuline », ou « insulinorésistance ». Le pancréas sécrète de plus en plus d’insuline, mais à un moment donné, il ne peut faire plus et cette production devient insuffisante. Les cellules n’étant plus capables de répondre, la glycémie commence à monter, donnant ce que l’on appelle un « diabète de type 2 ». À ce stade, l’organisme a besoin d’un apport extérieur en insuline (médicaments antidiabétiques) pour rééquilibrer le taux de sucre dans le sang. Il est toutefois possible que vous ayez une glycémie élevée sans forcément être diabétique.

Lorsque le Dr David Perlmutter* donne ses conférences, il présente à son auditoire une diapositive représentant quatre aliments que tout le monde consomme :

  1. une tranche de pain complet ;
  2. une barre de Snickers ;
  3. une cuillère à soupe de sucre en poudre non raffiné ;
  4. une banane.

Il pose alors la question suivante : quel est, parmi ces quatre aliments, celui qui fait le plus grimper la glycémie – ou quel est le produit dont l’index glycémique (IG) est le plus élevé ?

L’index glycémique est une valeur numérique associée à la rapidité avec laquelle le taux de sucre dans le sang augmente après l’ingestion d’un aliment. Il est mesuré sur une échelle allant de 0 à 100, 100 étant la référence attribuée au glucose pur. Les valeurs les plus élevées correspondent aux aliments qui font monter le plus rapidement la glycémie. Neuf fois sur dix, une mauvaise réponse apparaît. En effet, ce n’est ni le sucre (IG = 68), ni la friandise (IG = 55), ni même la banane (IG = 54), mais le pain complet qui, avec un index glycémique de 71, est l’aliment qui fait le plus grimper le taux de sucre dans le sang. Le pain complet et le pain blanc ont le même index glycémique.

Nous savons depuis plus de trente ans que le blé fait monter le taux de sucre dans le sang plus rapidement et plus fortement que le sucre de table, même si nous avons parfois du mal à le croire. En effet, intuitivement, nous pensons le contraire. Or, rares sont les aliments qui majorent autant la glycémie.

Des perturbateurs métaboliques aux effets conjugués

Il est important de souligner que l’augmentation du nombre de personnes souffrant d’intolérance au gluten est certes due à l’introduction du gluten dans la plupart des produits de fabrication industrielle, mais aussi à la consommation excessive de sucre et d’aliments favorisant les inflammations. Nous devons, par ailleurs, tenir compte de l’impact des toxines présentes dans l’environnement, qui peuvent modifier l’expression de nos gènes et déclencher des signaux auto-immuns. Lorsque le gluten, le sucre, les aliments favorisant les inflammations et les toxines environnementales viennent s’ajouter les uns aux autres, ils perturbent totalement l’organisme et notamment le cerveau. Si les éléments qui sèment la pagaille dans notre organisme – même s’ils ne contiennent pas de gluten – sont dangereux pour la santé en général, nous devons nous interroger quant aux effets délétères qu’ils ont sur notre cerveau et nous poser la question suivante : est-ce que les glucides – y compris les « bons » glucides – sont en train de nous tuer ? Une question légitime, dans la mesure où nombre d’aliments dits dangereux en contiennent. Dès que l’on parle de rééquilibrage de la glycémie, d’intolérance au gluten et d’inflammation, nous revenons toujours au même point : l’impact des glucides sur l’organisme en général et sur le cerveau en particulier.

À savoir : les glucides augmentent les facteurs de risque de développer une maladie neurologique en prenant trop souvent la place des graisses, qui, elles, ne sont pas novices pour notre cerveau. Bien au contraire ! Lorsque nous consommons trop de glucides, nous mangeons moins de lipides, ce qui est une aberration, dans la mesure où, pour être en bonne santé, notre cerveau a impérativement besoin de graisses.

En résumé

Les céréales que nous consommons aujourd’hui, issues de l’industrie agroalimentaire, contiennent un taux de gluten si élevé qu’il crée une dépendance en agissant sur les centres cérébraux impliqués dans le plaisir et l’addiction.

Le gluten provoque une augmentation du taux de glucose dans le sang (glycémie) beaucoup plus fort que ne le font les produits carnés, le poisson ou les légumes.

L’excès de gluten et de sucre (produits à fort index glycémique), la consommation d’aliments favorisant l’inflammation et l’exposition aux toxines environnementales perturbent totalement l’organisme par leur action cumulative.

Si ce sujet vous intéresse, n’hésitez pas à vous procurer le remarquable livre du neurologue David Perlmutter « Ces glucides qui menacent votre cerveau : pourquoi et comment limiter gluten, sucres et glucides raffinés ». Cliquez sur la couverture du livre ci-dessous…

* David Perlmutter est un neurologue américain de renommée internationale. Président du Perlmutter Health Center (Naples, Floride), il est aussi le cofondateur et le Président de la Perlmutter Brain Foundation et l’un des membres de l’American College of Nutrition. Récompensé pour ses travaux, il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Neuroscience et chamanisme. Les voies de l’illumination (2013), Ces glucides qui menacent notre cerveau (2015), L’intestin au secours du cerveau (2016).